• Sport
    Voici.fr

    PHOTO Michael Schumacher : un cliché publié par son fils bouleverse les internautes

    Alors que l’état de santé Michael Schumacher reste toujours aussi mystérieux, ce sont les enfants de l’ancien pilote de Formule 1 qui cristallisent les espoirs de ses fans. Sur Instagram, son fils Mick Schumacher a publié un cliché qui a ému les internautes.

  • Actualités
    Télé-Loisirs.fr

    "Il est sur une autre planète" : le comportement de Claude pointé du doigt par un ex-aventurier de Koh-Lanta, L'île des héros

    Près de six mois après sa brouille avec Claude suite à son élimination de Koh-Lanta, l'île des héros, Pholien parait encore un peu amer et n'hésite à tâcler une nouvelle fois l'aventurier star du programme de TF1.

  • Actualités
    Gala.fr

    Tous en cuisine : Mac Lesggy présente sa femme Carole pour la première fois

    Alors que Mac Lesggy participait à l'émission Tous en cuisine sur M6 ce mercredi 23 septembre, les téléspectateurs ont eu la surprise de rencontrer sa femme Carole. A ses côtés, elle a cuisiné en direct, tout en faisant de petites confidences sur le célèbre animateur.

  • Pour elles
    AFP Videos - France

    Le drame des enfants morts dans les camps harkis sort peu à peu de l’oubli

    SHOTLIST PERPIGNAN, PYRÉNÉES-ORIENTALES, FRANCE7 AOÛT 2020SOURCE : AFPTV 1. Panoramique droite-gauche famille d’enfants de harkis marchant dans le cimetière de l’ouest de Perpignan vers les tombes de leurs frères2. Plan moyen famille d’enfants de harkis marchant dans le cimetière vers les tombes de leurs frères3. Travelling gardienne du cimetière avec les deux soeurs Abessia et Rahma4. LIVE des soeurs Abessia et Rahma échangeant avec gardienne du cimetière de Perpignan devant les petites tombes des jumeaux: - Alors, c’est où ? - Là ! - Où ça ? - Juste là, là où il y a les cailloux… C’est le petit de huit mois.5. LIVE des soeurs Abessia et Rahma échangeant avec gardienne du cimetière de Perpignan devant les petites tombes des jumeaux: - Celui qui est décédé en juillet ? - Oui, c’est ça. 6. LIVE des soeurs Abessia et Rahma échangeant avec gardienne du cimetière de Perpignan devant les petites tombes des jumeaux: - Et ici, le bébé qui est décédé donc en janvier - le premier - à un mois. - Donc, c’est Yahya et Abbas.7. Panoramique gauche-droite Rahma arrosant les petites tombes avec une bouteille d’eau8. LIVE Abessia Dargaid, fille de harkis, en programmant une prière aux morts sur son téléphone portable: « Je vais faire une petite prière ».9. Plan moyen famille recueillie sur les tombes pendant la prière10. Plan serré Rahma posant sur une tombe son téléphone portable diffusant le son de la prière11. Plan moyen famille recueillie sur les tombes pendant la prière 12. SONORE 1 - Abessia Dargaid, fille de harkis (femme, français, 9 sec) : "Moi, j’ai trouvé ce que je cherchais là. C’est ce que je voulais voir, voilà ! Maintenant, je sais qu’ils sont là et je suis un petit peu plus tranquille. " 13. SONORE 2 - Abessia Dargaid, fille de harkis (femme, français, 7 sec) : "Ca fait le coeur +boum, boum+, ça fait, ça fait… ça remonte la colère et la haine chez moi." RIVESALTES, PYRÉNÉES-ORIENTALES, FRANCE7 AOÛT 2020SOURCE : AFPTV 14. Panoramique gauche-droite famille arrivant devant la stèle en hommage aux harkis installée devant le camp de Rivesaltes15. LIVE Abessia Dargaid, fille de harkis: « Alors, ça doit être là… »16. Plan serré index soulignant les nom et prénom d’Abbas sur la stèle commémorative de Rivesaltes17. Plan large famille agenouillée devant la stèle commémorative de Rivesaltes SAINT-LAURENT-DES-ARBRES, GARD, FRANCE1 JUILLET 2020SOURCE : AFPTV 18. Panoramique gauche-droite Nadia Ghouafria et des amis marchant à proximité d’un cimetière sauvage où ont été enterrés des enfants de harkis19. Plan large Nadia Ghouafria et des amis marchant à proximité d’un cimetière sauvage où ont été enterrés des enfants de harkis20. Panoramique gauche-droite Massif d’arbres barrant le cimetière et panneau « terrain militaire »21. Plan serré panneau « terrain militaire »22. LIVE Nadia Ghouafria, fille de harkis et militante à l’association Aracan: « C’est derrière cette haie de chênes qu’en 1962 a été ouvert le cimetière (du camp) de Saint-Maurice L’Ardoise. Il y a eu en tout 32 enfants inhumés dans ce cimetière ».23. Plan serré chemise avec documents sur tombes d’enfants24. Plan serré photo d’une tombe abandonnée archivée dans une chemise 25. Zoom avant Nadia consultant ses documents26. Plan serré document d’un registre d’inhumation provisoire au camp de Saint-Maurice L’Ardoise27. Panoramique haut-bas Nadia consultant ses documents 28. SONORE 3 - Nadia Ghouafria, fille de harkis et militante à l’association Aracan (femme, français, 20 sec) : "La conclusion parle d'elle même, il ne fallait pas qu'on le sache, il fallait pas qu’on les trouve. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mais pour notre communauté, si à ce jour les restes humains de ces enfants sont toujours là, nous considérerons ça comme un nouvel abandon et une nouvelle trahison. " SAINT-LAURENT-DES-ARBRES, GARD, FRANCE30 JUIN 2020SOURCE : AFPTV 29. Panoramique droite-gauche Hacène Arfi entrant dans le local de son association30. Panoramique droite-gauche Hacène Arfi entrant dans le local de son association 31. SONORE 4 - Hacène Arfi, ils de harkis et président de la coordination harka (homme, français, 29 sec) : "On avait pris une serviette de bain, mon père l’avait enroulé, les militaires lui ont donné une pioche puis on est partis, je crois qu’on a du faire même pas un kilomètre ou 800 mètres, mais on est partis dans un champ et mon père a creusé un trou, on l’a mis dedans, ma mère n’était pas là parce qu’elle était souffrante, mon père a fait quelques prières et on l’a enterré. " 32. Panoramique gauche-droite Hacène Arfi et son ami Rachid consultant des documents dans le local de son association33. Plan serré Documents en cours de consultation34. Plan serré Rachid35. Plan serré documents 36. SONORE 5 - Rachid Bedjghit, fils de harkis et éducateur à la protection judiciaire de la jeunesse (homme, français, 17 sec) : "J’aimerais lui donner une sépulture décente. Même symboliquement, la famille, faire un trou, lui faire des funérailles même si on n’a pas les os, mais au moins lui donner une sépulture décente, comme il le mérite. Ca, c’est la seule chose que j’aimerais, et je pense que ma mère, qui est décédée, aurait aimé ça aussi. " 37. Panoramique bas-haut Hacène Arfi marchant vers un champ de vignes où auraient été enterrés des enfants de harkis38. Panoramique gauche-droite Hacène Arfi arrivant devant un champ de vignes où auraient été enterrés des enfants de harkis39. Panoramique droite-gauche champ de vignes où auraient été enterrés des enfants de harkis 40. SONORE 6 - Hacène Arfi, ils de harkis et président de la coordination harka (homme, français, 17 sec) : "Ca fait bien trente ans qu’on leur dit qu’il y a des enfants qui ont été enterrés dans les champs et ça fait trente ans que quand on parle, ça rentre dans une oreille et ça ressort de l’autre. Ils ne nous entendent pas. On s’est même fait passer pour … des débiles." LAUDUN-L'ARDOISE, GARD, FRANCE1 JUILLET 2020SOURCE : AFPTV 41. Panoramique gauche-droite militants de la cause harki arrivant devant une stèle en hommage aux harkis42. Plan moyen femme nettoyant la stèle43. Plan serré femme nettoyant la stèle44. Plan serré femme nettoyant la stèle45. Plan moyen militants de la cause harki recueillis devant une stèle en hommage aux harkis ///-----------------------------------------------------------DEPECHE DE CONTEXTE: PREVFrance: la douloureuse mémoire des enfants morts dans les camps de Harkis sort de l'oubli (ENQUETE) Par Lucie PEYTERMANN =(Photo+Video)= ATTENTION - Vidéo par Guillaume Bonnet, Photos par Lionel Bonaventure, Valery Hache, Sylvain Thomas ///Perpignan, 23 sept 2020 (AFP) - L'employée du cimetière s'arrête devant deux fragiles monticules de terre à l'abandon. "C’est ici", souffle-t-elle. "Mille fois pardon !" Abessia s'écroule en sanglots, posant doucement sa main sur la tombe de fortune de l'un de ses petits frères, dans le sud de la France.Ce 7 août 2020 caniculaire, 57 ans après la mort de ses frères jumeaux Yahia et Abbas peu après leur naissance dans un camp de Harkis en France, Abessia Dargaid vient à 68 ans de retrouver le lieu de leur inhumation: "tombes 6 et 8, rangées 22 et 25, carré musulman du cimetière de l'Ouest, Perpignan".Avant de lancer ses recherches, il aura fallu à Abessia attendre le long et acharné travail de mémoire d'associations d'anciens Harkis - ces Français musulmans recrutés comme auxiliaires de l'armée française pendant la guerre d'Algérie -, d'historiens, de familles, intensifié récemment et accompagné par le gouvernement français, pour sauver de l'oubli ce pan tragique de l'histoire franco-algérienne. Après la fuite et l'exil d'Algérie, sa mère avait accouché des jumeaux en décembre 1962, dans des conditions plus que précaires, à l'infirmerie du camp de Harkis de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), à 12 km de ce cimetière.Les nourrissons, malades et transportés à l'hôpital, décèderont quelques mois plus tard. Mais leurs corps ne seront pas rendus à la famille. "Mon père a juste pu voir la main de Abbas à son décès à l'hôpital; mes parents n'ont jamais rien su des circonstances et des lieux de leur inhumation", témoigne Abessia.Yahia, Abbas mais aussi Fatma, Omar, Djamal, Malika... Il y a près de 60 ans, des dizaines de nouveaux nés ou très jeunes enfants morts lors de leur passage dans les camps de Harkis gérés par l'armée en France ont été enterrés sans sépulture décente par leurs proches ou par des militaires, dans les camps ou à proximité, dans des champs, et pour la grande majorité, sans plaque avec leur nom, selon les récits d'historiens et les témoignages de familles recueillis lors d'une enquête de plusieurs mois de l'AFP.D'autres, décédés à l'hôpital, ont été enterrés par les autorités dans des cimetières, mais souvent sans que les familles ne soient présentes ou informées du devenir des corps de leurs enfants, selon ces témoignages.Bouleversés et choqués par le dénuement des sépultures de leurs frères, Abessia, sa soeur Rahma, 70 ans, et leur frère Abdelkader, 65 ans, se recueillent au cimetière de Perpignan, au son d'une prière aux défunts en arabe diffusée par un portable. Abdelkader est secoué de hoquets de larmes. "Je comprends pas... il n'y a même pas un prénom sur leurs tombes ?" interroge-t-il, confus. "Pour la première fois, on met un lieu" sur ce drame familial, confie Abessia. "Ca fait +boum boum+ dans le coeur. Mais ça ne devrait pas être permis d'enterrer quelqu'un comme ça et puis de l'abandonner, sans plaque..." - Surmortalité infantile - "Les Harkis", ce sont ces anciens combattants - jusqu'à 200.000 hommes - recrutés comme auxiliaires de l'armée française pendant la guerre d'indépendance algérienne (1954-1962) qui opposa des nationalistes algériens à la France.Depuis 2001, la France leur rend chaque 25 septembre un hommage national en reconnaissance des "sacrifices consentis".A l'issue de cette guerre, marquée par des atrocités, par la torture et qui a traumatisé les sociétés algérienne et française, les Harkis - souvent issus d'un milieu paysan et modeste - sont abandonnés par la France et nombre d'entre eux sont victimes de massacres de représailles en Algérie. Abessia raconte ainsi comment sa famille a été victime de plusieurs attaques du Front de libération nationale (FLN) du fait de l'engagement de son frère et de son père dans l'armée française. Sa soeur montre les cicatrices d'une blessure par grenade.Mais au lendemain des accords d'Evian de 1962 consacrant la défaite française en Algérie, le gouvernement français a rejeté le rapatriement massif de ces Harkis. Environ 42.000 - accompagnés parfois de leurs femmes et enfants - sont transférés en France par l'armée et transitent par des camps. Quelque 40.000 autres viennent par des filières semi-clandestines ou clandestines. Au total, entre 80.000 et 90.000 personnes arrivent en France, pour la majorité entre 1962 et 1965. En France, les Harkis et leurs familles ne sont pas considérés d'emblée par les pouvoirs publics comme des rapatriés mais comme des réfugiés. Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont parquées dans des "camps de transit et de reclassement" gérés par l'armée, aux conditions de vie souvent déplorables et traumatisantes, certains entourés de barbelés et placés sous surveillance.Et les faits, méconnus, sont là: parmi les personnes décédées dans ces camps, une grande majorité étaient des bébés morts-nés ou des nourrissons, selon les statistiques consultées par l'AFP et établies par l'historien Abderahmen Moumen, l'un des spécialistes français de la guerre d’Algérie qui travaille sur l'identification des sites d'inhumation. Depuis 2015, il est mandaté par l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG, public).Au camp de Rivesaltes, à une quinzaine de kilomètres de la Méditerranée, sur les au moins 146 personnes décédées, 101 sont des enfants, dont 86 avaient moins d'un an. Au camp de Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme), ouvert de juin à octobre 1962, les personnes décédées (16) sont toutes des enfants, selon un rapport officiel publié en 2018. Au camp de Saint-Maurice l'Ardoise (Gard), ce sont plusieurs dizaines d’enfants qui ont été enterrés dans le secteur, selon des associations."Il y a eu une surmortalité infantile certainement liée à des conditions de vie difficiles et à une prise en charge médicale qui n'était pas à la hauteur", déclare dans un entretien à l'AFP Geneviève Darrieussecq, ministre française déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants.Selon les historiens, cette surmortalité était due aux conditions de vie très rudes des camps de tentes et de baraquements lors des hivers 1962 et 63 très rigoureux, à des maladies, à une épidémie de rougeole à Saint-Maurice. Mais aussi à l'état psychologique des mères déracinées et affaiblies par les traumatismes de la guerre et de l'exil précipité, à des accouchements dans des conditions précaires.Le drame est doublé d'une autre tragédie: avec le temps, les cimetières de ces enfants inhumés sans sépulture décente ont disparu sous les herbes folles, les ronces ou les vignes, fantômes d'un passé traumatique que les familles d'anciens Harkis ont enfouis au plus profond d'elles mêmes et que la société française a oubliés. - "Indigne" - C'est l'histoire d'Hacène Arfi, qui a vu à l’âge de six ans son père enterrer de ses mains son frère mort-né dans le camp de Rivesaltes, sans jamais avoir pu ensuite retrouver le "lieu exact".En Algérie, il a déjà assisté à la tentative d’assassinat de son père, rescapé d'une attaque au couteau, et à des scènes "d'égorgement de femmes et d'enfants" sur la route de l’exil.Cette nuit de novembre 62, sa mère accouche à l’infirmerie du camp de Rivesaltes, aidée par "une infirmière", mais le bébé est mort-né. L'enfant et la mère sont "ramenés sur une civière par des militaires" dans la nuit. Réveillé par des pleurs, Hacène reste "marqué à vie" par la vision du "sang de sa mère" et du corps du bébé déposé près des chevilles maternelles.Le lendemain matin, "deux militaires sont arrivés à notre tente et ont donné une pioche à mon père; ils lui ont montré l'endroit où il pouvait enterrer mon frère (...) Mon père n'a pas vraiment eu le choix", raconte Hacène.Il assistera ensuite son père pour l'enterrement. "Je revois encore mon père en train de creuser le trou, je comprenais pas trop... Quand il a enroulé l'enfant dans la serviette, je suis resté choqué", relate-t-il, visage creusé et fermé. "Je me souviens qu'il a fait une petite prière en arabe et puis il a pris la pioche et je lui ai donné un coup de main pour remettre la terre sur le corps.""C'est indigne ce qui s'est passé !" lance aujourd’hui cet écorché vif de 63 ans, devenu une inlassable figure de la lutte pour la cause harkie. L'AFP l'a rencontré cet été à Saint-Laurent-des-Arbres (Gard), à quelques kilomètres de l'ancien camp harki de Saint-Maurice l'Ardoise, où sa famille avait été transférée après celui de Rivesaltes. Il a dévoué une partie de sa vie à aider nombre de familles d'anciens harkis démunies et créé l'association "Coordination Harka".Depuis sa jeunesse, Hacène est rongé par un questionnement: "Comment cela a pu arriver en France" alors que son père était "un ancien combattant de l'armée française ?" "On a été considérés comme des témoins gênants d'une sale guerre, comme des indésirables", en conclut-il.Pourquoi la majorité de ces enfants n'a pas été inhumée à l'époque dans les cimetières des localités autour des camps ? "Je ne sais pas", répond à l'AFP Geneviève Darrieussecq. "Il y a eu une reconnaissance par les plus hautes autorités de l'Etat français du fait que les Harkis, ces Français, avaient été très mal accueillis à leur arrivée en France dans des conditions particulièrement indignes et difficiles", dit-elle. Mme Darrieussecq ne s'"imagine pas qu'il y ait eu une volonté délibérée de rayer ce passé et de faire en sorte qu'on ne cherche pas à savoir, qu'on n'identifie pas ces lieux de sépulture"."La France n'était pas préparée à les accueillir" et "il y a eu des mauvaises gestions dans la précipitation", relève-t-elle. - "Trous de mémoire" - L'historien Abderahmen Moumen rappelle la "situation chaotique dans laquelle l'administration gère l'arrivée de ces milliers de familles" - 22.000 personnes transiteront par Rivesaltes.Les témoins à l'époque - familles, militaires, personnel soignant - sont peu nombreux. Leur dispersion et leurs mutations, puis le départ des Harkis, ont contribué à l'oubli, souligne-t-il. "Cette période de l'après-indépendance, et notamment cette question des inhumations et de ces cimetières, s'inscrit dans ces trous de mémoire", analyse-t-il.Dans le même temps, "l'éparpillement des familles, qui repartent vite" dans d'autres lieux en France et la volonté de certains parents d'enterrer rapidement l'enfant pour respecter la tradition funéraire musulmane, ont contribué à l'oubli."Leur préoccupation vitale est de trouver un logement, un emploi, avec la difficulté pour beaucoup de ne pas maîtriser le français". Ou encore rechercher des membres de leur famille dispersée en France ou en Algérie, se protéger pour certains des représailles contre les Harkis encore menées par des militants du FLN sur le sol français jusque 1965, poursuit l'historien.Fatima Besnaci-Lancou, historienne et spécialiste de la guerre d'Algérie, a interrogé il y a quelques années pour un livre plus de 70 femmes de Harkis encore en vie qui lui ont décrit les accouchements "sous une tente en plein hiver, sans chauffage et sans eau", des maris qui ont dû "chercher de la neige et la faire fondre dans leur bouche pour laver le nouveau-né...", relate-t-elle à l’AFP.L'historienne, fille de Harki qui a elle-même vécu 15 ans dans ces camps à partir de l'âge de 8 ans, souligne aussi le déracinement et la souffrance de ces jeunes femmes qui devaient accoucher seules, sans la présence rassurante de leur mère et sans les rituels traditionnels algériens. "Ces femmes elles-mêmes ont voulu oublier ces drames", renchérit M. Moumen. "Revenir sur les tombes, c'était aussi se replonger dans ces mois dans les camps qui ont été très difficiles pour les familles."Certaines sont bien repassées 30 ou 40 ans après à Rivesaltes, mais le terrain avait été complètement modifié...Sur le coup, il y a eu la peur d'en parler. "C'était comme ça; nos parents n'ont pas osé poser de questions, mais ils ont dû beaucoup en souffrir", confie Abessia. "Mon père a eu peur de se révolter et de se retrouver renvoyé en Algérie... Il s'est tu et on a vécu comme ça", raconte Hacène Arfi. Et c'est devenu un tabou au sein des familles. A 86 ans, Dahbia Amrane, visage buriné parcouru de rides, est une témoin émouvante. Elle était enceinte de jumeaux quand elle a dû fuir l'Algérie à 28 ans avec son mari harki. En novembre 1962, elle accouche dans le camp de Rivesaltes, sous une tente. Les bébés sont placés sous couveuse pendant des semaines à l'hôpital.Le petit Omar décèdera en janvier 63. Il sera enterré quelque part dans le camp, par "son père et des cousins". "Dieu nous l'a donné et puis il l'a repris; ces enfants là, ce sont des anges...", lance Dahbia en kabyle à l'AFP, depuis son petit jardin à Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes).La famille, qui sera ensuite déplacée dans une autre région, n'a pu retrouver que plus de 50 ans plus tard ce lieu d'inhumation. "Il y a eu un manque de transmission de notre histoire dans notre famille...; c'était trop tabou, nos parents n'en parlaient pas", raconte le jumeau d'Omar, Ali, 57 ans. Sa douce bonhommie, sa personnalité généreuse et son engagement depuis 1985 dans des associations sont un pied de nez au lourd destin de cet homme né dans un camp et qui a ensuite vécu jusqu'à ses... 19 ans dans un "hameau de forestage" (structure mise en place pour loger et employer des familles d'ex-Harkis à leur sortie des camps, aux conditions de vie dégradées). - "Découverte historique" - Ainsi, depuis peu, fruit d'un patient travail d’Abderahmen Moumen, de familles de Harkis, d'associations locales et de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre, les prénoms de certains de ces enfants sortent de l'anonymat.Ils brillent sur des stèles, des tombes rénovées, comme à Bourg-Lastic, où depuis 2015 les onze tombes d'enfants enterrés dans l'ancien camp ont été rénovées et où un lieu de recueillement a été sanctuarisé. Des projets d'identification de lieux d'inhumation, de mise en place de mémoriaux, sont en cours ailleurs.C'est en "recoupant plusieurs sources" que M. Moumen, missionné par l'ONACVG pour travailler sur l'histoire et les mémoires de la guerre d'Algérie, "validera l'hypothèse" qu'il y a bien eu un "cimetière harki" dans le camp de Rivesaltes, jusque-là ignoré.Recueil de témoignages, recherche dans les registres d'état civil, analyse de photos aériennes du camp portant sur les 40 dernières années et découverte d'une correspondance datant de 1980/81 dans les archives départementales...C'est un travail considérable, mené avec les associations, qui a duré des années et a porté ses fruits: depuis 2018, une quarantaine de familles ayant perdu un proche à Rivesaltes ont pu être retrouvées et le site où ont été inhumées au moins une cinquantaine de personnes décédées dans le camp a pu être identifié.Les autorités françaises ont finalement décidé de ne pas rechercher et exhumer leurs ossements, "sûrement délités" après plus de 50 ans selon une enquête des services archéologiques nationaux, la majorité des morts étant des bébés. Mais aujourd'hui, une stèle érigée juste à côté du site d'inhumation et inaugurée par Mme Darrieussecq en octobre 2019 rend hommage aux personnes décédées dans ce camp."Lorsqu'on a eu la confirmation de l'existence de ce cimetière, je me suis dis: on va peut-être contribuer à soulager ces familles" et "apporter une réponse à des questionnements qui peuvent être terribles", confie l'historien.M. Moumen évoque les "hypothèses qui ont pu germer dans l'esprit des familles: que sont devenus tel ou tel enfant, est-ce qu'ils sont vraiment décédés" ?Dans d'autres régions françaises, des associations continuent de se battre pour l'identification et la sanctuarisation des lieux d'inhumation, comme au camp de Saint-Maurice l'Ardoise.Hacène Arfi a ainsi montré à l'AFP deux terrains dans la région où il affirme avoir pu établir grâce à de longues recherches que "39 enfants et quatre adultes" décédés au camp y ont été enterrés.L'un des sites est aujourd'hui un terrain privé recouvert de vignes, au bout d’un chemin serpentant dans un bois touffu. "Cela fait bien 30 ans qu'on dit aux autorités qu'il y a des enfants qui ont été enterrés dans ces champs... on est en 2020, ça s'est passé en 1963... Rien ne signale qu'il y a des personnes enterrées ici !" déplore M. Arfi en balayant avec colère le paysage de ses bras.Une autre association locale, l'Aracan, qui effectue depuis des années des recherches sur les lieux de mémoire harkis, affirme avoir fait récemment une "découverte historique": l'existence d'un autre cimetière d'enfants dans l'actuel camp militaire de Saint-Laurent des Arbres et qui serait connu des autorités depuis... 41 ans.Le terrain, aujourd’hui, est une clairière plantée de chênes, au bord d'une route, a constaté l'AFP.Au fil d'une quête personnelle de son passé et de deux ans de démarches auprès des archives locales, une membre de l'association, Nadia Ghouafria, 47 ans, fille de Harki dont les parents sont passés par le camp de Saint-Maurice, a découvert le dossier du "+cimetière provisoire du camp de St-Maurice l'Ardoise+". Il contient "un procès verbal de la gendarmerie, un plan détaillant la localisation de ce cimetière et un registre d'inhumation", où figurent les noms de 71 personnes décédées lors de leur passage aux camps de Saint-Maurice et au camp voisin du Château de Lascours (Gard). L'AFP a pu voir en exclusivité ces documents."31 enfants ont été inhumés dans ce cimetière provisoire et en 1979 il restait 22 tombes, essentiellement des jeunes enfants, des nourrissons et des enfants morts-nés", résume Nadia, fébrile. Selon elle, le motif invoqué par le procès verbal était le "manque de place dans les communes aux alentours du camp de Saint-Maurice l'Ardoise"."Ce cimetière a été ouvert spécialement pour accueillir ces enfants-là provisoirement; ce provisoire serait-il devenu définitif ?..." interpelle-t-elle. - "Ne pas trop ébruiter" - Le procès verbal atteste que les autorités de l'époque connaissaient l'existence de ce cimetière. Les auteurs du procès verbal conseillent même de ne "pas trop ébruiter l'affaire qui risquerait d'avoir des rebondissements fâcheux notamment si cela était porté à la connaissance des responsables du mouvement de défense des rapatriés d'Algérie, anciens harkis". "Ce qui met en colère, c'est qu'on nous a délibérément caché l'existence de ce cimetière" et ce malgré les demandes récurrentes aux autorités par les associations locales, lâche Nadia. L'association Aracan interroge: pourquoi les autorités françaises, informées en 1979 de l'existence de ce cimetière alors que les corps des enfants auraient encore pu être retrouvés et remis à leurs familles grâce aux contacts avec les associations de Harkis, n'ont-elles pas agi ?"Nous réclamons à l'Etat français que des recherches soient entreprises pour retrouver les restes humains de ces enfants (...), que les parents soient contactés, qu'une sépulture décente soit donnée à ces enfants et une stèle", poursuit Nadia."Ces enfants sont des oubliés de l'histoire de France", "leurs parents ont été trahis une seconde fois."Interrogée par l'AFP au sujet de ce procès-verbal, la ministre déléguée Geneviève Darrieussecq a répondu ne pas en avoir connaissance. "Mais s'il y avait là des lieux d'inhumation, il est anormal que les familles n'en aient pas été averties à l'époque", a-t-elle ajouté, souhaitant qu'associations et autorités locales continuent à travailler ensemble à Saint-Maurice l'Ardoise notamment "afin d'identifier et marquer les lieux, pour en faire des lieux de souvenirs". - Pardonné - Depuis ses visites à la stèle de Rivesaltes, Ali Amrane fait face autrement au deuil et au "vide" laissés par l'absence de son frère: "Je me dis, le jumeau est quelque part et il reste quelque chose pour sa mémoire".Un sentiment de "soulagement" partagé par Hacène Arfi quand il pense à son frère: "On sait qu'il n'est plus anonyme... et de temps en temps, on ira se recueillir devant la stèle". Le jour de la découverte des tombes de ses frères à Perpignan, Abessia a dit être "un peu plus sereine" et prête "à commencer (son) deuil".Dans une scène poignante, éclatant en pleurs, Abdelkader a confié à l'AFP: "J'ai l’impression que les jumeaux me pardonnent parce que je suis venu les voir aujourd'hui...".lp/dp/fby ------------------------------------------------------------- 

  • Actualités
    Paris Match

    Breonna Taylor : nuit de colère aux Etats-Unis après une décision judiciaire

    Des manifestants en colère sont descendus mercredi dans les rues pour dénoncer un traitement judiciaire selon eux bien trop clément visant les policiers qui ont tué en mars l'Afro-Américaine Breonna Taylor.

  • Actualités
    Télé-Loisirs.fr

    "Ma coupe, ma nouvelle féminité !" : Clara Morgane affiche sa nouvelle tête (PHOTO)

    C'est à l'hôtel Majestic à Paris et sur Instagram que Clara Morgane a choisi de dévoiler sa toute nouvelle coupe de cheveux, et visiblement elle rassemble tous les suffrages.

  • Divertissement
    Voici.fr

    Donald Trump charge violemment Meghan Markle et le prince Harry après leur déclaration télévisée

    Donald Trump n’est pas (du tout) content. Après la prise de position de Meghan Markle et du prince Harry, qui ont fait un appel au vote très controversé aux Etats-Unis, le président américain a fait ce qu’il sait faire de mieux : tacler.