"Inacceptable", "scandaleux", "inadmissible": condamnations après l'agression d'un pharmacien à Montpellier

Les manifestatants entourant la tente du pharmacien montpellierain  - BFMTV
Les manifestatants entourant la tente du pharmacien montpellierain - BFMTV

La séquence a profondément choqué. Ce samedi au cours de la manifestation anti-pass sanitaire organisée à Montpellier dans le département de l'Hérault, un stand mis en place par une pharmacie de la ville, utilisé pour tester et dépister les patients qui le souhaitent, a été dégradé par plusieurs dizaines de manifestants. Sur des images initialement partagées par le Midi-Libre, plusieurs personnes ont également scandé "collabos" et "assassins" en direction des professionnels de santé.

Très vite, plusieurs personnalités politiques dont le ministre de la Santé Olivier Véran ont réagi à cette agression. Sur Twitter, ce dernier a rappelé que "ce pharmacien, chaque matin depuis un an et demi, se lève malgré la fatigue pour protéger et soigner vos parents, vos proches, vos voisins."

De son côté, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait également fait montre de son indignation sur les réseaux sociaux, soulignant que "nous ne céderons rien" face à ces violences.

"Inadmissible"

Du côté des professionnels de la santé, les événements de ce samedi laissent place à des sentiments de colère et d'incrédulité. A l'antenne de BFMTV, Béatrice Clairaz, pharmacienne dans les Hauts-de-Seine qualifie ces violences de "regrettables et inadmissibles."

"Des gens qui manifestent pour leur liberté, il faut qu’ils commencent par respecter la liberté des uns et des autres et notamment lorsque c’est dans le cadre de notre travail. Personne ne devrait à subir ce genre d’action parce que c‘est inadmissible."

De son côté, toujours à notre antenne, Frédéric Abecassis, président du syndicat des pharmaciens de l'Hérault, fait part de l'inquiétude qui se fait de plus en plus forte chez les professionnels de santé, à mesure que les rangs des anti-pass sanitaire grossissent. De plus, au gré des mesures annoncées par le gouvernement, ces derniers sont appelés à de nouvelles missions et sont parfois surchargés de travail.

"On est inquiets. On est des professionnels de santé, on nous demande de plus en plus de participer à la campagne de dépistage et quand on fait ce qu’on nous demande et qu’on se retrouve traites de collabos, c’est difficile d’avaler ça", ajoute-t-il.

Vers une protection policière?

Alors que lors du premier confinement les professionnels de santé étaient applaudis par une majorité des Français, ces derniers témoignent d'une montée de l'agressivité à leur encontre. "On a subi régulièrement de l’agressivité de la part des gens, et là ça touche à son summum, c’est inacceptable", renchérit Béatrice Clairaz.

"Rappelez-vous quand on manquait de masques, quand on ne pouvait pas en donner à la population, avant il y avait les gels hydroalcooliques, les pharmaciens sont restés ouverts non-stop depuis le début de la pandémie, on a toujours répondu présent. On voit toute la population, dans les officines il y a les gens bien portants et les malades, il faut répondre à toutes les demandes de soins, de traitements et d’informations", martèle-t-elle.

Pour Frédéric Abecassis, il semble désormais incontournable, alors que de nouveaux rassemblements sont prévus dès la semaine prochaine, que le gouvernement prenne toutes les dispositions pour "qu'on nous protège."

"Des manifestations, il y en a tous les samedis, on voit sur les réseaux sociaux les anti vax qui menacent, il y a même des noms et localisations qui passent sur les réseaux sociaux", souligne-t-il.

Une volonté également partagée sur les réseaux sociaux par Philippe Besset, président de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France, qui appelle également à la protection de la profession, "sinon on ferme."

En ce qui concerne le pharmacien pris pour cible à Montpellier, il est "profondément choqué." "Je suppose qu'il va porter plainte et notre syndicat s'y associera. Tout sera mis en oeuvre pour retrouver les gens qui ont fait ça et pour que ça ne se reproduise plus", conclut ce dernier.

Article original publié sur BFMTV.com