Covid-19 et impuissance : "Cela fait 6 mois que je n'arrive plus à avoir une érection"

Les effets secondaires du Covid-19 n'en finissent pas de surprendre. Récemment, plusieurs personnes ont remarqué des troubles érectiles et même des rétrécissements au niveau de leur pénis après avoir contracté le coronavirus. Et le phénomène semble loin d'être isolé.

Non, le Covid-19 n'est pas une simple "grippette", n'en déplaisent aux anti-masques et aux antivax qui font tout leur possible pour minimiser les conséquences de la pandémie. À travers le monde, des milliers de patients ont d'ores et déjà succombé à la maladie, et bon nombre de personnes subissent encore aujourd'hui les effets secondaires du virus. Des effets qui, selon les scientifiques, pourraient bien durer tout le long de la vie des concernés.

C'est désormais prouvé, le Covid-19 et le vaccin ont eu des impacts sur le cycle menstruel de nombreuses personnes. Règles plus longues, plus abondantes, des cycles plus courts ou plus longs... Une vraie galère. Et récemment, c'est une autre tranche de la population qui a découvert que le virus pouvait avoir un impact sur leur vie sexuelle. Le coronavirus pourrait en effet entraîner des troubles érectiles. Dans le podcast "How to do it" de Slate, un témoin anonyme affirme même que son pénis, autrefois "plus grand que la moyenne", avait rétréci de quatre centimètres à la suite de sa convalescence. Aux États-Unis, ce phénomène est désormais surnommé "Covid Dick", ou le "pénis covidé" en français. Et nos compatriotes n'ont pas été épargnés.

Panne d'érection et demi-molle : plusieurs personnes témoignent

Des problèmes d'impuissance liés au covid-19 ? Julien, 50 ans*, en souffre depuis plusieurs semaines. "Jusqu'à présent, je n'avais jamais connu ce genre de problème. Je suis sportif, je pratique plusieurs activités physiques, j'étais en excellente santé. J'avais même des érections nocturnes, ce qui avait tendance à être assez problématique pour moi." Le quinquagénaire a développé le virus au mois de décembre, et confie avoir eu des symptômes assez importants. "Pendant cette période de la maladie, je n'ai eu aucune érection."

Depuis ? Sa situation est toujours compliquée, même si les choses semblent avancer dans la bonne direction. "Après avoir eu des problèmes d'érection pendant toute la durée de la maladie. Une semaine après avoir retrouvé la santé, j'ai obtenu un semblant de début de gonflement, mais 10 jours plus tard, je n'ai pas encore retrouvé toute mon autonomie. Je bande moins longtemps, et mon sexe est beaucoup moins dur."

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Julien n'est pas le seul à faire cette constatation : Charly*, 26 ans, affirme lui aussi n'avoir plus que des "demi-molles" depuis qu'il a contracté la maladie. "Quand j'ai chopé le Covid cet été, j'étais un peu sur le cul : j'avais mes deux doses de vaccin, le taux d'incidence était bas et je me réjouissais d'être passé entre les gouttes. J'ai été testé positif lors d'un test effectué pour partir en vacances à l'étranger." À l'époque, le jeune homme développe une forme asymptomatique. "J'étais un peu crevé, mais pas non plus épuisé. Et puis, j'ai réalisé que je n'arrivais plus à bander. Ce que j'ai mis sur le compte de la fatigue." Seulement voilà, les semaines passant, la situation ne s'est pas vraiment améliorée. "Cela fait six mois que je n'arrive pas vraiment à bander. J'ai des demi-molles, mais c'est tout." Anthony*, lui, n'a pas de problème d'érection, mais il a réalisé que son pénis était plus petit au repos : "C'est ma compagne qui m'a fait remarquer que mon sexe avait l'air plus petit, que je ne remplissais pas autant mes boxers. J'ai aussi l'impression que mon sexe est plus léger au repos. Par contre, quand je bande, je ne vois pas de différence. C'est au moins ça !"

Un impact certain sur les relations

Charly est en couple depuis trois ans et il ne s'en cache pas : cette situation commence à avoir un impact sur sa relation. "Ma copine et moi, on a toujours eu une vie sexuelle assez épanouie, on adore s'envoyer en l'air. Au début, le fait que je n'arrive pas réellement à avoir d'érections ne nous a pas posé trop de problèmes. Il n'y a pas que la pénétration dans la vie, et on a exploré toutes sortes de choses. C'était aussi un moyen de voir si j'allais avoir le déclic qui allait me faire bander." Seulement voilà, au bout de quelques mois, la situation commence à devenir lassante pour le jeune homme. "J'adore faire jouir ma copine, mais j'aime bien quand il y a de la réciprocité. Ne pas bander, ne pas pouvoir la pénétrer, me faire sucer, me faire caresser... Ça me frustre, ça casse ma libido, et du coup ma copine est aussi frustrée. C'est un cercle vicieux, et on se prend souvent la tête par rapport à ça."

Tom*, 42 ans, a eu l'effet inverse. "Je vais peut-être passer pour un alien, mais les problèmes d'érection développés depuis le Covid m'ont fait beaucoup de bien." Le quadragénaire était en effet très complexé par des érections intempestives. "Je suis du genre gâté par la nature, et quand je bande, ça se voit. J'ai chopé le virus il y a quelques mois, j'ai vite constaté que j'avais plus de mal à avoir des érections. J'en ai parlé à mon médecin qui m'a dit que c'était dû à un problème de vascularisation, lié aux problèmes respiratoires que j'ai développés. Il m'a rassuré en disant que ça allait passer. Trois mois plus tard, j'ai toujours du mal à bander, et je ne m'en plains pas. Ça m'évite des situations gênantes avec mes proches comme j'ai pu en avoir par le passé." Il précise : "J'ai plus de difficultés à avoir des érections, mais une fois que c'est bon, c'est bon. Donc si ça peut continuer comme ça, perso, ça me va."

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Vaccin versus Viagra, la théorie du complot

Au même titre que pour les menstruations, certaines personnes affirment avoir développé des problèmes érectiles après avoir été vaccinées. C'est notamment le cas de Stéphane*, 32 ans. "J'ai eu le Covid-19 en juin 2020, et ça ne m'a jamais empêché de bander, même quand je crachais mes poumons. Par contre, depuis que j'ai fait mon premier vaccin à l'automne, c'est la catastrophe. Je bande une fois sur trois, et encore, ce sont souvent des demi-molles, j'ai l'air ridicule."

Le jeune homme, qui affirme être "un antivax qui s'est fait vacciner à cause de la pression sociale" a développé une théorie. "Pfizer, c'est le labo qui fait les petites pilules bleues pour bander, le Viagra. Pour moi, ce n'est pas une coïncidence si j'ai du mal à avoir des érections depuis la piquouse. Il doit y avoir quelque chose dans le vaccin. Pas des puces pour nous traquer, ça c'est débile. Mais des actifs pour contrarier les érections. Imaginez si un mec sur dix parmi ceux qui ont reçu le vaccin Pfizer n'arrivent plus à bander. Même un sur cent ou un sur mille. Ça fait quand même des dizaines de milliers de personnes à travers le monde qui vont vouloir prendre du Viagra. Et donc des millions d'euros pour le labo." Une théorie du complot qui n'est pour l'instant pas très répandue et qui ne repose sur rien.

* Les prénoms ont été changés dans un souci d'anonymat.

Article : Laetitia Reboulleau

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